En France, la limite en agglomération reste de 50 km/h, mais plus de 400 villes ont choisi de faire du 30 km/h leur règle, selon le Cerema. En avril 2025, 35 des 96 préfectures de France métropolitaine étaient concernées. Paris, Lyon, Toulouse, Rennes, Grenoble, Nantes ou Montpellier font partie des grandes villes qui ont franchi le pas.
| Ville | Depuis | Ce qui s’applique |
|---|---|---|
| Grenoble | Été 2016 (annonce de la métropole) | 42 des 49 communes, avec certains axes à 50 km/h |
| Montpellier | 1er août 2021 | Limite réduite à 30 km/h |
| Paris | 30 août 2021 | Toute la ville, sauf quelques axes comme les boulevards des Maréchaux |
| Lyon | 30 mars 2022 | 84 % des rues à 30 km/h ou moins |
| Rennes | 4 septembre 2023 | 95 % de la ville à 30 km/h |
| Toulouse | 1er janvier 2024 | 981 km sur 1 151 km de voirie |
Qu’est-ce qu’une ville 30 ?
Une ville 30 est une commune où le 30 km/h devient la norme et le 50 km/h l’exception. Le Cerema retient un indicateur précis : 50 km/h ou plus sur 30 % au maximum de la voirie urbaine, le reste étant limité à 30 km/h ou moins.
Il n’existe pas de règle nationale à 30 km/h. Le code de la route fixe toujours 50 km/h en agglomération, et l’article L2213-1-1 du code général des collectivités territoriales permet au maire de fixer une limite plus basse. Il le fait par arrêté motivé, sur tout ou partie des voies, pour des raisons de sécurité, de circulation, de mobilité ou de protection de l’environnement.
Les grands axes restent souvent à 50 km/h, parfois à 70 km/h. Ils servent à faire circuler le trafic de transit, pendant que les rues résidentielles et les abords des écoles deviennent plus calmes.
Quelles grandes villes sont passées à 30 km/h ?
Paris, Lyon, Toulouse, Rennes, Grenoble, Nantes et Montpellier ont généralisé le 30 km/h sur la plupart de leurs rues. Le Cerema cite aussi Lille, Bordeaux, Charleville-Mézières et Chartres parmi les communes engagées.
- Grenoble : la métropole a annoncé en 2015 que 42 de ses 49 communes passeraient à 30 km/h d’ici l’été 2016, seuls certains axes restant à 50 km/h.
- Bègles : cette commune voisine de Bordeaux est devenue en 2019 la première de sa taille à limiter tout son réseau à 30 km/h.
- Montpellier : la ville a réduit sa limite le 1er août 2021.
- Paris : toute la ville est passée à 30 km/h le 30 août 2021, alors qu’environ 60 % de ses rues l’étaient déjà. Les boulevards des Maréchaux sont restés à 50 km/h.
- Lyon : 84 % des rues sont passées à 30 km/h ou moins le 30 mars 2022. Une partie des quais, l’avenue Berthelot ou le boulevard des Belges sont restés plus rapides.
- Rennes : le 30 km/h couvre 95 % de la ville depuis le 4 septembre 2023, contre 70 % auparavant. Les grands axes et les entrées de ville restent à 50 km/h, et l’hypercentre est à 20 km/h.
- Toulouse : 981 km sur 1 151 km de voirie sont passés à 30 km/h le 1er janvier 2024.
- Nantes : la ville atteint ou frôle les 100 % de rues secondaires en zone apaisée, et la métropole en est à 84 %.
Combien de villes françaises sont à 30 km/h ?
Plus de 400 villes françaises avaient adopté la ville 30 en avril 2025, selon le Cerema, dont 35 des 96 préfectures de France métropolitaine. Il n’existe pas de liste nationale tenue à jour commune par commune, car chaque décision est prise localement.
Le mouvement touche aussi les communes de taille moyenne. Lorient est souvent citée en exemple par le Cerema, et la dynamique continue : à Saint-Sébastien-sur-Loire, près de Nantes, la plupart des rues sont passées à 30 km/h en juillet et août 2026.
Quelle différence entre une ville 30 et une zone 30 ?
La zone 30 est une notion du code de la route, alors que la ville 30 est une politique locale. L’article R110-2 définit la zone 30 comme une section ou un ensemble de sections où la vitesse est limitée à 30 km/h, avec des entrées et des sorties signalées et un aménagement cohérent.
Une ville peut y arriver de plusieurs façons. Le Cerema en distingue trois :
- Une zone 30 généralisée à toute l’agglomération, avec quelques axes à 50 km/h. C’est le cas de Grenoble, Lille, Nantes, Lyon, Bordeaux, Toulouse, Charleville-Mézières et Rennes. C’est l’option que le Cerema privilégie.
- Une limite à 30 km/h sur toute l’agglomération, sans zone 30 formelle, avec quelques axes à 50 km/h. C’est le cas de Paris et de Chartres.
- Le maintien du 50 km/h, avec de nombreuses zones 30 couvrant une très grande part de la ville.
Le panneau « Ville 30 » a-t-il une valeur légale ?
Non, un panneau portant le mot « VILLE » à la place de « ZONE » n’est pas prévu par la réglementation, selon le Cerema, et n’impose pas à lui seul une vitesse opposable. C’est un message de sensibilisation. Ce qui compte, c’est la signalisation réglementaire : le panneau zone 30 ou la limitation à 30 km/h.
Comment savoir si une rue est à 30 ou à 50 km/h ?
Regardez d’abord le panneau à l’entrée de la ville : une zone 30 ou une limite à 30 km/h y est souvent associée au nom de la commune. La limite s’applique ensuite à toutes les rues, jusqu’à ce qu’une signalisation indique autre chose.
- Un 30 ou un 50 peint au sol dans une ellipse rappelle la limite de la rue dans certaines villes. Le Cerema précise que le marquage en ellipse 50 peut suffire sur les axes à 50 km/h d’une zone 30 généralisée.
- Un panneau de fin de zone 30 vous indique que la limite change.
- Une zone de rencontre impose 20 km/h, et les piétons y ont la priorité.
La ville de Lyon résume bien la logique : la vitesse maximale y est de 30 km/h, et les quelques portions plus rapides sont indiquées par un marquage au sol ou un panneau. En cas de doute dans une ville que vous ne connaissez pas, gardez 30 km/h jusqu’au prochain panneau.
Pourquoi les villes passent-elles à 30 km/h ?
Les villes passent à 30 km/h d’abord pour réduire la gravité des accidents, surtout ceux qui touchent les piétons et les cyclistes. Les chiffres réunis par le Cerema sont parlants :
- Le risque de décès pour un piéton est six fois plus faible lors d’un choc à 30 km/h qu’à 50 km/h.
- À 30 km/h, un conducteur qui voit un piéton s’engager à 13 mètres a le temps de s’arrêter. À 50 km/h, il n’a pas le temps de commencer à freiner.
- Dans 50 % des accidents, le conducteur ne fait aucune manœuvre d’urgence et percute le piéton à sa vitesse de circulation.
- Le champ de vision du conducteur s’élargit d’environ 30 degrés.
- Le choc à 30 km/h équivaut à une chute d’un étage, contre trois étages à 50 km/h.
L’enjeu est réel : en 2025, 1 031 personnes sont mortes sur des voies en agglomération en France métropolitaine, soit un tiers des tués sur la route, selon l’ONISR.
Le bruit compte aussi. La présentation de la démarche à Lyon indique une baisse d’environ 2,5 dB(A) par rapport à une zone à 50 km/h, ce qu’elle décrit comme presque une division par deux du bruit.
Le 30 km/h ralentit-il beaucoup la circulation ?
La baisse réelle est plus faible que les 20 km/h du panneau, car la vitesse moyenne en ville atteint rarement 50 km/h, à cause des carrefours notamment. Le Cerema observe surtout une baisse de la vitesse moyenne et un écrêtement des pointes de vitesse, ce qui joue directement sur les accidents.
Quels sont les résultats du 30 km/h en ville ?
Les premiers résultats publiés sont encourageants, même s’ils restent difficiles à isoler d’autres évolutions. Le Cerema rappelle qu’une ville 30 s’accompagne d’autres mesures, comme l’aménagement des rues, le développement du vélo ou celui des transports publics.
- Lyon : entre 2019 et 2022, les accidents ont baissé de 19 %, le nombre de tués de 54 % et celui des blessés hospitalisés de 32 %, contre 17 %, 48 % et 21 % dans le reste de l’agglomération.
- Grenoble : le Cerema relève une baisse du trafic automobile d’environ 9 % et une diminution des pollutions associées.
- Nantes Métropole, Clermont Auvergne Métropole et le Pays de Saint-Omer : une étude du Cerema doit mesurer plus finement les vitesses, les temps de parcours, l’accidentalité, l’air et le bruit, avec de premiers résultats annoncés pour l’automne 2026.
Pour la limite sur le reste du réseau, consultez notre tableau des limitations de vitesse en France.
Que change le 30 km/h pour votre prochain trajet en ville ?
Il change surtout votre regard : ne supposez plus qu’une ville française est à 50 km/h. Dès le panneau d’entrée, cherchez la limite affichée, puis restez attentif aux écoles, aux passages piétons et aux vélos à contresens, autorisés dans les rues à sens unique des zones 30. Quelques secondes de plus sur le trajet pèsent peu face à ce que l’on gagne en sécurité.
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Si vous partez aussi hors des villes, lisez notre article sur les routes à 80 ou 90 km/h.